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Nouveaux Imaginaires | Nouveaux Imaginaires du Féminin | Everything Good Will Come (2005) de Sefi Atta : un Bildungsroman féminin (trans)national

Cédric Courtois :

Everything Good Will Come (2005) de Sefi Atta : un Bildungsroman féminin (trans)national





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Résumé

Le premier roman de Sefi Atta est un Bildungsroman écrit à la première personne. Il cartographie le développement d’Enitan, la protagoniste, de ses onze ans au début du roman (elle nous révèle en effet qu’elle est « née l’année où le Nigéria est devenu indépendant ») jusqu’à ses trente-cinq ans. Outre les quatre parties du roman, dont les titres sont des dates qui suivent un ordre chronologique – 1971, 1975, 1985, 1995 –, démontrant ainsi un intérêt pour un développement (historique) linéaire emprunté au Bildungsroman traditionnel, ce roman met en lumière la place des femmes dans l’Histoire du Nigéria depuis l’indépendance. Il permet de donner une voie/x aux femmes jusqu’alors relativement ignorées, dans un contexte patriarcal remis en question de façon frontale par la protagoniste – qui se définit comme féministe – au sein d’un genre littéraire perçu, dans sa version classique, comme un genre androcentrique. Suivant l’hypothèse de Fredric Jameson, nous montrerons que le développement de l’héroïne se fait en parallèle, et de façon allégorique, du développement de la nation : le roman traite en particulier des coups et dictatures militaires qui ont mis un frein au développement du pays. Dans sa monographie Unsettling the Bildungsroman, Stella Bolaki écrit : « le Bildungsroman traditionnel [...] tend à concilier le moi et la société afin que le protagoniste puisse construire un moi cohérent et atteindre la plénitude » (139, notre traduction). Néanmoins, dans la veine de Joseph Slaughter, il s’agira d’étudier dans quelle mesure le Bildungsroman moderne d’Atta met le projecteur sur la difficulté de développer un moi unifié, fixe. La stabilité du moi dépend en effet de la capacité à raconter son histoire/Histoire (Slaughter 412). Les études actuelles sur le Bildungsroman étendent le paradigme du genre en incluant « la fiction autobiographique » conférant de ce fait au roman d’Atta un statut liminaire, faisant de ce Bildungsroman – Künstlerroman ? – un moyen pour l’auteur de réfléchir à la place des femmes (écrivains) dans l’Histoire et dans la littérature du Nigéria.

Mots clés

Sefi Atta, Bildungsroman, Patriarcat, Allégorie, Transnational


Pour citer cet article

Cédric Courtois, "Everything Good Will Come (2005) de Sefi Atta : un Bildungsroman féminin (trans)national", paru dans "Nouveaux Imaginaires", Nouveaux Imaginaires du Féminin, mis en ligne : 21 Septembre 2017, URL : 'http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01665791/'


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